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Je vous salue Marie en latin : l’Ave Maria expliqué ligne à ligne

Par Grégoire Lestrade · Mis à jour le 15 octobre 2026

Missel latin à tranche dorée ouvert avec ses signets de soie et un chapelet noir

Le Je vous salue Marie en latin commence par « Ave Maria, gratia plena » et compte sept lignes, traduites ici une à une. Sa première moitié cite l’Évangile de Luc, la seconde a été fixée par le bréviaire romain de 1568.

Texte du Je vous salue Marie en latin et en français

Pour l’Ave, le latin retenu est celui de l’appendice du Compendium (Rome, 2005), qui rassemble les prières usuelles. En regard figure l’ancienne version française, au vouvoiement, qui relève du domaine public.

Ave Maria
Ave Maria, gratia plena,Je vous salue, Marie, pleine de grâce,
Dominus tecum.le Seigneur est avec vous.
Benedicta tu in mulieribus,Vous êtes bénie entre toutes les femmes,
et benedictus fructus ventris tui, Iesus.et Jésus, le fruit de vos entrailles, est béni.
Sancta Maria, Mater Dei,Sainte Marie, Mère de Dieu,
ora pro nobis peccatoribus,priez pour nous, pauvres pécheurs,
nunc et in hora mortis nostrae. Amen.maintenant et à l’heure de notre mort. Ainsi soit-il.

Le Compendium écrit « Iesus », les livres plus anciens « Jesus » : le j n’est qu’une variante graphique du i, et les deux se lisent de la même façon.

Ce que dit chaque ligne de l’Ave Maria

  • Ave : salutation latine qui traduit le grec « chaire », « réjouis-toi ». C’est le premier mot de l’ange Gabriel à l’Annonciation (Luc 1, 28).
  • Gratia plena : « pleine de grâce ». Le grec emploie un participe qui dit une faveur déjà reçue et durable.
  • Dominus tecum : « le Seigneur avec toi », sans verbe, tournure courante en latin ; le français ajoute « est ».
  • Benedicta tu in mulieribus : salut d’Élisabeth lors de la Visitation (Luc 1, 42). La tournure hébraïque fait de Marie la plus bénie des femmes.
  • Fructus ventris tui : « le fruit de ton sein ». Le nom « Iesus », absent de l’Évangile à cet endroit, n’entre dans la prière que vers le XIIe siècle.
  • Sancta Maria, Mater Dei : le titre de Mère de Dieu reprend celui que le concile d’Éphèse a reconnu en 431.
  • Ora pro nobis peccatoribus, nunc et in hora mortis nostrae : la supplication vise deux moments, le présent et l’heure de la mort.

Prononcer le Je vous salue Marie en latin

Chaque lettre se prononce, les voyelles restent pures et le « u » vaut toujours « ou ». Les mots ci-dessous sont ceux où un francophone hésite le plus.

MotPrononciationÀ savoir
gratiagra-tsi-a« ti » devant une voyelle se dit « tsi »
Dominus tecumdo-mi-nouss té-koum« us » et « um » se disent « ouss » et « oum »
benedictabé-né-dik-taaucun « e » muet
mulieribusmou-li-é-ri-bousscinq syllabes, accent sur « é »
Iesusyé-zoussle « I » initial sonne comme un « y »
peccatoribuspèk-ka-to-ri-boussle double « c » devant « a » reste dur
nostraenoss-tré« ae » final se dit « é »

Le rythme vient des accents : A-ve Ma-RI-a, GRA-ti-a PLE-na, DO-mi-nus TE-cum. Au chapelet récité à deux chœurs, celui qui mène s’arrête après « Iesus » et les autres disent la supplication.

Histoire du Je vous salue Marie en latin

La prière s’est formée en deux temps : la salutation biblique devient une dévotion au XIe siècle, la supplication finale ne se stabilise qu’à la fin du Moyen Âge.

DateÉtape
431Le concile d’Éphèse reconnaît à Marie le titre de Mère de Dieu, repris dans la seconde partie
vers 1050La salutation devient une formule de dévotion, sans doute liée au petit office de la Vierge
1198Odon de Sully, évêque de Paris, en prescrit la récitation avec le Pater et le Credo
XIIe siècleLe nom de Jésus est ajouté après « ventris tui »
vers 1350Un bréviaire des chartreux donne une forme presque complète de la supplication
1568Pie V l’insère dans le bréviaire romain, sous sa forme actuelle

Le chant grégorien garde la trace de la forme courte : l’offertoire du quatrième dimanche de l’Avent chante « Ave Maria, gratia plena » sans la seconde partie. La version complète, elle, se répand dans toute l’Église latine à partir du XVIIe siècle.

L’Ave Maria dans la prière et la liturgie

L’Ave Maria rythme le chapelet, dont chaque dizaine en compte dix, et revient trois fois dans l’Angélus, entre les versets.

Il n’est pas un texte de la messe. Quand le Notre Père liturgique est passé au tutoiement en 1966, la prière à Marie n’a pas été retraduite et a gardé son vouvoiement en français, celui des catéchismes et des paroissiens d’autrefois.

  • Ave Maria de Bach et Gounod : la mélodie de Gounod posée sur le premier prélude du Clavier bien tempéré (BWV 846).
  • Motet à sept voix d’Anton Bruckner, composé en 1861.
  • Polyphonies de la Renaissance, dont celles de Josquin Desprez et de Nicolas Gombert.

Pour garder le Je vous salue Marie en latin au format PDF, la commande Imprimer du navigateur enregistre cette page avec le texte et sa traduction. La feuille imprimée se glisse facilement dans un missel ou un livre de prière.

Questions fréquentes

Comment dit-on « Je vous salue Marie » en latin ?

On dit « Ave Maria ». La prière complète commence par « Ave Maria, gratia plena, Dominus tecum » et se termine par « nunc et in hora mortis nostrae. Amen ».

Faut-il écrire « gratia plena » ou « gratiae plena » ?

Les deux formes sont correctes, car l’adjectif « plenus » admet l’ablatif comme le génitif. La liturgie et le Compendium emploient « gratia plena ».

Pourquoi vouvoie-t-on Marie alors que le Notre Père tutoie Dieu ?

Le tutoiement a été adopté en 1966 pour le Notre Père, prière de la messe. L’Ave Maria n’a pas été retraduit ; le latin, lui, tutoie dans les deux cas.

Où trouve-t-on l’Ave Maria dans la Bible ?

La première partie cite deux versets de Luc : la salutation de l’ange (1, 28) et celle d’Élisabeth (1, 42). La suite, à partir de « Sancta Maria », est une prière de l’Église.

Comment prononcer « Iesus » ?

On dit « yé-zouss », le I initial jouant le rôle d’une consonne. L’accent tombe sur la première syllabe.

Grégoire Lestrade. Grégoire Lestrade a servi la messe enfant avant de découvrir l’ancien missel à vingt ans. Laïc, passionné d’histoire liturgique, il tient ce blog depuis octobre 2026 : prières en latin, liturgie, communautés et histoire de la Tradition.

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