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Le Notre Père en latin, texte et prononciation du Pater Noster

Par Grégoire Lestrade · Mis à jour le 15 octobre 2026

Missel latin à tranche dorée ouvert avec ses signets de soie et un chapelet noir

Le Notre Père en latin commence par « Pater noster, qui es in caelis » et tient en neuf lignes, données ici avec leur traduction et leur prononciation. Son texte vient de l’Évangile selon saint Matthieu (6, 9-13), que la liturgie romaine a toujours suivi.

Le texte du Notre Père en latin et sa traduction

Le latin reproduit ici est celui du Compendium du Catéchisme publié par le Saint-Siège en 2005. La traduction française est l’ancienne version traditionnelle, au vouvoiement, en usage avant 1966 et tombée dans le domaine public.

Pater noster
Pater noster, qui es in caelis,Notre Père, qui êtes aux cieux,
sanctificetur nomen tuum.que votre nom soit sanctifié,
Adveniat regnum tuum.que votre règne arrive,
Fiat voluntas tua, sicut in caelo et in terra.que votre volonté soit faite sur la terre comme au ciel.
Panem nostrum cotidianum da nobis hodie,Donnez-nous aujourd’hui notre pain de chaque jour,
et dimitte nobis debita nostra,pardonnez-nous nos offenses,
sicut et nos dimittimus debitoribus nostris.comme nous pardonnons à ceux qui nous ont offensés,
Et ne nos inducas in tentationem,et ne nous laissez pas succomber à la tentation,
sed libera nos a malo. Amen.mais délivrez-nous du mal. Ainsi soit-il.

Le sens du Notre Père en latin, demande par demande

Le Notre Père en latin tutoie Dieu : la langue ignore le vouvoiement, et « tuum », « tua » sont des possessifs de la deuxième personne du singulier. Après l’invocation viennent sept demandes, selon le découpage du Compendium (n. 587).

  • Pater noster, qui es in caelis : mot à mot « Père notre, qui es dans les cieux ». Le Compendium précise que ce ciel désigne une manière d’être de Dieu, non un lieu (n. 586).
  • Sanctificetur nomen tuum : un subjonctif passif, « que ton nom soit tenu pour saint ». La demande porte sur la louange rendue à Dieu par les hommes.
  • Adveniat regnum tuum : « que ton règne vienne ». Le verbe advenire marque une arrivée, d’où l’ancien « que votre règne arrive ».
  • Fiat voluntas tua : le latin nomme le ciel avant la terre, l’ancienne traduction inverse l’ordre.
  • Panem nostrum cotidianum : chez Matthieu, la Vulgate écrit « supersubstantialem » ; la prière liturgique a gardé le « cotidianum » de Luc.
  • Dimitte nobis debita nostra : le latin parle de dettes et de débiteurs. « Offenses » et « offensés » sont un choix des traducteurs français.
  • Ne nos inducas in tentationem : littéralement « ne nous fais pas entrer dans la tentation », sens que la traduction liturgique de 2017 a voulu retrouver.
  • Libera nos a malo : « malo » se lit comme le mal ou comme le Mauvais ; le Compendium y voit la personne de Satan (n. 597).

Prononcer le Notre Père en latin d’Église

À l’église, le latin se prononce à la manière romaine, proche de l’italien. Pour le Pater, une poignée de règles suffit, appliquées ci-dessous aux mots qui font hésiter.

MotSe prononceRègle
caelistché-liss« ae » se dit « é » ; « c » devant ce son se dit « tch »
sanctificetursank-ti-fi-tché-tour« u » se dit toujours « ou »
regnumrè-gnoum« gn » mouillé, comme dans agneau
cotidianumko-ti-di-a-noum« um » se dit « oum », jamais « om »
hodieo-di-éle « h » est muet
debitoribusdé-bi-to-ri-boussle « e » se dit « é », jamais muet
tentationemtèn-ta-tsi-o-nèm« ti » suivi d’une voyelle se dit « tsi »

L’accent tombe sur la première syllabe des mots de deux syllabes : PA-ter, NOS-ter. Dans « sanctificétur » et « advéniat », les livres de chant marquent d’un accent aigu la syllabe qui le porte.

Histoire du Notre Père en latin, de l’Évangile au missel

Luc rapporte que Jésus enseigne cette prière à la demande d’un disciple (11, 1-4) ; Matthieu la place dans le Sermon sur la montagne. Le latin liturgique suit la Vulgate de saint Jérôme, sans la doxologie finale.

DateÉtape
vers 80-85Rédaction des Évangiles de Matthieu et de Luc
fin du Ier siècle ou début du IIeLa Didachè atteste une doxologie finale, que la Vulgate ne reprend pas
1966Traduction œcuménique française au tutoiement, avec « ne nous soumets pas à la tentation »
après 1969La messe romaine ajoute une doxologie après l’embolisme
12 juillet 2013Rome approuve la formule « ne nous laisse pas entrer en tentation »
3 décembre 2017Cette formule entre en usage dans la liturgie en France

Ces changements ne concernent que le français. Vatican II a d’ailleurs demandé que les fidèles sachent dire ou chanter ensemble en latin les parties de la messe qui leur reviennent (Sacrosanctum Concilium, n. 54).

Le Pater Noster dans la messe et l’office

À la messe tridentine, le prêtre dit le Pater seul et le servant répond la dernière demande, « Sed libera nos a malo ». Le prêtre enchaîne à voix basse l’embolisme « Libera nos, quaesumus », qui développe cette demande.

Dans le missel de 1970, tous disent la prière avec le prêtre ; il ajoute l’embolisme et l’assemblée conclut par la doxologie « Quia tuum est regnum » (Présentation générale du Missel romain, n. 81).

  • Au baptême, l’Église « remet » cette prière aux nouveaux chrétiens (Compendium, n. 581).
  • Le Compendium la décrit comme une partie intégrante de la liturgie des heures (n. 581).

On la retrouve donc chaque soir aux vêpres, avant l’oraison finale.

Questions fréquentes

Comment dit-on « Notre Père » en latin ?

On dit « Pater noster ». Le premier vers complet, « Pater noster, qui es in caelis », a donné son nom latin à toute la prière.

Faut-il dire « cotidianum » ou « quotidianum » ?

Les deux se disent : ce sont deux orthographes du même mot, « de chaque jour ». Le Compendium de 2005 écrit « cotidianum », des missels plus anciens « quotidianum ».

Pourquoi « car c’est à toi le règne » manque-t-il dans le texte latin ?

Cette doxologie ne figure pas dans la Vulgate. À la messe de 1970, elle se dit après l’embolisme du prêtre, sous la forme « Quia tuum est regnum ».

Comment prononcer « in caelis » ?

On dit « inn tché-liss ». Le groupe « ae » se lit « é », et le « c » placé devant ce son se prononce « tch », comme dans l’italien « cielo ».

Le Pater se chante-t-il en grégorien ?

Oui. Le missel donne une mélodie simple que le prêtre chante à la messe chantée, et que l’assemblée reprend dans le missel de 1970.

Grégoire Lestrade. Grégoire Lestrade a servi la messe enfant avant de découvrir l’ancien missel à vingt ans. Laïc, passionné d’histoire liturgique, il tient ce blog depuis octobre 2026 : prières en latin, liturgie, communautés et histoire de la Tradition.

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