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Le bréviaire, livre de l’office divin, et la liturgie des heures

Par Grégoire Lestrade · Mis à jour le 15 octobre 2026

Antiphonaire grégorien ouvert sur un lutrin de chêne, entre deux cierges, dans une abbatiale romane

Le bréviaire est le livre qui contient l’office divin, la prière des heures que les prêtres disent chaque jour : psaumes, hymnes, lectures et oraisons. L’édition romaine de 1568 a cédé la place en 1970 à la liturgie des heures, mais celle de 1962 reste en usage.

Bréviaire, définition et origine du mot

Le mot bréviaire vient du latin breviarium, « abrégé » : le livre a d’abord réuni en un volume ce que le chœur lisait dans plusieurs, psautier, antiphonaire et lectionnaire.

L’office qu’il contient découpe la journée en heures. La forme ancienne en compte huit, de matines la nuit à complies avant le coucher.

  • Matines, office de nuit, devenu office des lectures en 1970 ;
  • Laudes, au lever du jour ;
  • Prime, supprimée par Vatican II (Sacrosanctum Concilium, n. 89) ;
  • Tierce, sexte et none, au fil de la journée ;
  • Vêpres au soir, complies avant le coucher.

Les deux offices du soir sont présentés sur les pages vêpres et complies.

Ce que contient un bréviaire

  • le psautier, réparti sur une semaine dans le bréviaire de 1962, sur quatre dans la liturgie des heures ;
  • le propre du temps : Avent, Noël, Carême, Pâques, temps ordinaire ;
  • le propre des saints, fête par fête ;
  • le commun, pour les saints sans textes propres ;
  • l’ordinaire, cadre fixe de chaque heure.

Le bréviaire actuel, la liturgie des heures, compte quatre volumes en français ; « Prière du temps présent » en offre une version en un seul, sans l’office des lectures.

Histoire du bréviaire romain

Le bréviaire se constitue peu à peu en Occident à partir du milieu du Moyen Âge. Auparavant, la prière des heures se faisait surtout à partir du psautier, et la règle de saint Benoît répartissait déjà les psaumes sur la semaine sans livre unique.

DateÉvénement
1535Bréviaire de Quiñones, dit de Sainte-Croix, plus tard interdit par Pie V
juillet 1568Pie V publie le Breviarium Romanum par la bulle Quod a nobis
10 mai 1602Révision de Clément VIII (bulle Cum in Ecclesia)
1631-1632Urbain VIII remanie le texte (bulle Divinam psalmodiam)
1er novembre 1911Pie X redistribue les psaumes (Divino afflatu)
5 avril 1961Décret publiant l’édition dite de 1962
1er novembre 1970Paul VI promulgue la Liturgia Horarum (Laudis canticum)

Pie V n’a laissé subsister que les bréviaires vieux d’au moins deux siècles, comme ceux des bénédictins, des chartreux ou des cisterciens. En 1615, Paul V publie un Breviarium monasticum pour les moines.

Du bréviaire à la liturgie des heures

Vatican II n’emploie pas le mot bréviaire. Le livre de 1970 s’appelle Liturgia Horarum, en français « La liturgie des heures ».

Les matines y deviennent un office des lectures, qui peut se dire à toute heure. Des psaumes jugés trop durs, dont les psaumes 58, 83 et 109 en numérotation hébraïque, sont omis en tout ou en partie.

  • Psautier du bréviaire : une semaine en 1962, quatre semaines en 1970.
  • Heures : prime disparaît, et hors du chœur une seule petite heure peut suffire.
  • Lectures : plus longues, avec moins de psaumes à l’office de nuit.
  • Langue : latin en 1962, latin ou langue du pays depuis la réforme.

Lire un bréviaire au quotidien

  1. Consulter l’ordo, calendrier annuel qui indique l’office de chaque jour et son rang.
  2. Placer les signets : psautier de la semaine, propre du temps ou des saints, commun si besoin.
  3. Prier chaque heure à son moment : laudes le matin, une petite heure dans la journée, vêpres le soir, complies au coucher.
  4. Ajouter l’office des lectures, que la liturgie des heures permet de dire à toute heure.

Un bréviaire de 1962 se lit de la même manière, avec un psautier plus dense et des rubriques en latin ; les éditions bilingues donnent la traduction en regard.

Choisir un bréviaire

  • La liturgie des heures en quatre volumes, pour l’office complet en français, office des lectures compris.
  • Prière du temps présent, en un volume, pour les laudes, les vêpres et les complies.
  • Un Breviarium Romanum de 1962, en latin ou en version bilingue, pour la forme traditionnelle.
  • Un bréviaire monastique, pour suivre l’office des abbayes bénédictines.

Les applications de prière reprennent aujourd’hui les textes de la liturgie des heures. Le livre papier garde l’avantage de la lecture sans écran et d’un office complet, même hors réseau.

Qui doit prier le bréviaire

Le Code de droit canonique oblige les prêtres et les diacres en route vers le sacerdoce à dire chaque jour la liturgie des heures. Les diacres permanents le font dans la mesure fixée par la conférence des évêques (canon 276).

Depuis le motu proprio Summorum Pontificum de 2007, tout clerc peut aussi utiliser le bréviaire romain de 1962 (article 9). Ce cadre a été modifié en 2021 par le motu proprio Traditionis custodes.

  • moines et moniales, qui chantent l’office au chœur ;
  • laïcs, à qui Vatican II recommande l’office divin (Sacrosanctum Concilium, n. 100) ;
  • fidèles attachés à la forme traditionnelle, qui peuvent prier avec une édition bilingue du bréviaire de 1962.

Questions fréquentes

Quelle différence entre bréviaire et liturgie des heures ?

Le premier mot désigne surtout le livre de l’office d’avant 1970, la Liturgia Horarum celui de Paul VI. Dans l’usage courant, le mot ancien sert encore pour les deux.

Pourquoi les prêtres lisent-ils leur bréviaire ?

Le droit de l’Église leur demande de prier chaque jour la liturgie des heures (canon 276). Le livre les accompagne donc partout, d’où son format de poche.

Combien de volumes compte la liturgie des heures ?

Quatre en français, répartis selon les temps de l’année. « Prière du temps présent » en propose une version en un seul volume, sans l’office des lectures.

Un laïc peut-il prier le bréviaire ?

Oui. Vatican II recommande aux laïcs de réciter l’office divin, avec des prêtres, entre eux ou seuls.

Le bréviaire de 1962 est-il encore utilisé ?

Oui, par les communautés attachées à la forme traditionnelle et par des fidèles. Summorum Pontificum avait permis à tout clerc de l’utiliser en 2007.

Grégoire Lestrade. Grégoire Lestrade a servi la messe enfant avant de découvrir l’ancien missel à vingt ans. Laïc, passionné d’histoire liturgique, il tient ce blog depuis octobre 2026 : prières en latin, liturgie, communautés et histoire de la Tradition.

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