Le Credo en latin, des Symboles de Nicée et des Apôtres à la messe
Par Grégoire Lestrade · Mis à jour le 15 octobre 2026

Le Credo en latin existe sous deux formes : le Symbole de Nicée-Constantinople, « Credo in unum Deum », et le Symbole des Apôtres, « Credo in Deum ». Les deux sont donnés ici en entier, en latin et en français, avec leur histoire et leur prononciation.
Le Credo en latin de Nicée-Constantinople, texte intégral
Ce Credo en latin, le plus long des deux, vient des conciles de Nicée (325) et de Constantinople (381). Texte latin du Compendium de 2005 ; traduction de l’auteur, volontairement littérale.
| Credo in unum Deum, | Je crois en un seul Dieu, |
| Patrem omnipotentem, factorem caeli et terrae, | le Père tout-puissant, qui a fait le ciel et la terre, |
| visibilium omnium et invisibilium. | toutes les choses visibles et invisibles. |
| Et in unum Dominum Iesum Christum, | Et en un seul Seigneur, Jésus-Christ, |
| Filium Dei unigenitum, | Fils unique de Dieu, |
| et ex Patre natum ante omnia saecula. | engendré du Père avant tous les siècles. |
| Deum de Deo, lumen de lumine, Deum verum de Deo vero, | Dieu issu de Dieu, lumière issue de la lumière, vrai Dieu issu du vrai Dieu, |
| genitum, non factum, consubstantialem Patri : | engendré, non fait, consubstantiel au Père, |
| per quem omnia facta sunt. | par qui toutes choses ont été faites. |
| Qui propter nos homines et propter nostram salutem | À cause de nous, les hommes, et en vue de notre salut, |
| descendit de caelis. | il est descendu des cieux. |
| Et incarnatus est de Spiritu Sancto ex Maria Virgine, | Par le Saint-Esprit, il s’est incarné dans le sein de la Vierge Marie, |
| et homo factus est. | et il s’est fait homme. |
| Crucifixus etiam pro nobis sub Pontio Pilato, | Il a été crucifié aussi pour nous sous Ponce Pilate, |
| passus et sepultus est, | il a souffert, il a été mis au tombeau, |
| et resurrexit tertia die, secundum Scripturas, | il est ressuscité le troisième jour, selon les Écritures, |
| et ascendit in caelum, sedet ad dexteram Patris. | il est monté au ciel, il siège à la droite du Père. |
| Et iterum venturus est cum gloria, iudicare vivos et mortuos, | Il viendra de nouveau avec gloire juger les vivants et les morts, |
| cuius regni non erit finis. | et son règne n’aura point de fin. |
| Credo in Spiritum Sanctum, Dominum et vivificantem, | Je crois en l’Esprit-Saint, Seigneur et source de vie, |
| qui ex Patre Filioque procedit. | qui procède du Père et du Fils. |
| Qui cum Patre et Filio simul adoratur et conglorificatur : | Il est adoré et glorifié avec le Père et le Fils ; |
| qui locutus est per prophetas. | c’est lui qui a parlé par les prophètes. |
| Et unam sanctam catholicam et apostolicam Ecclesiam. | Je crois l’Église une, sainte, catholique et apostolique. |
| Confiteor unum baptisma in remissionem peccatorum. | Je confesse un seul baptême pour la rémission des péchés. |
| Et exspecto resurrectionem mortuorum, | Et j’attends la résurrection des morts |
| et vitam venturi saeculi. Amen. | ainsi que la vie du siècle à venir. Amen. |
Le Credo en latin des Apôtres, plus court
Le Symbole des Apôtres est l’ancien symbole baptismal de l’Église de Rome (Compendium, n. 35). La traduction est la version française traditionnelle, du domaine public.
| Credo in Deum Patrem omnipotentem, | Je crois en Dieu, le Père tout-puissant, |
| Creatorem caeli et terrae, | Créateur du ciel et de la terre. |
| et in Iesum Christum, Filium eius unicum, Dominum nostrum, | Et en Jésus-Christ, son Fils unique, notre Seigneur, |
| qui conceptus est de Spiritu Sancto, natus ex Maria Virgine, | qui a été conçu du Saint-Esprit, est né de la Vierge Marie, |
| passus sub Pontio Pilato, crucifixus, mortuus, et sepultus, | a souffert sous Ponce Pilate, a été crucifié, est mort et a été enseveli, |
| descendit ad inferos, tertia die resurrexit a mortuis, | est descendu aux enfers, le troisième jour est ressuscité des morts, |
| ascendit ad caelos, sedet ad dexteram Dei Patris omnipotentis, | est monté aux cieux, est assis à la droite de Dieu le Père tout-puissant, |
| inde venturus est iudicare vivos et mortuos. | d’où il viendra juger les vivants et les morts. |
| Et in Spiritum Sanctum, | Je crois au Saint-Esprit, |
| sanctam Ecclesiam catholicam, sanctorum communionem, | à la sainte Église catholique, à la communion des saints, |
| remissionem peccatorum, carnis resurrectionem, vitam aeternam. Amen. | à la rémission des péchés, à la résurrection de la chair, à la vie éternelle. Ainsi soit-il. |
Les mots clés du Credo, expliqués
- Credo : « je crois », à la première personne du singulier. Le texte grec de 381 disait « nous croyons ».
- Consubstantialem Patri : décalque du grec retenu à Nicée contre l’arianisme. La traduction liturgique française de 2021 l’a rétabli à la place de « de même nature ».
- Filioque : « et du Fils », mot absent du texte de 381.
Prononcer le Credo en latin
Dans le Credo en latin, quelques mots concentrent les difficultés. Retenir que « c » et « g » s’adoucissent devant e, i et ae règle la plupart d’entre eux.
| Mot | Prononciation | Piège |
|---|---|---|
| unigenitum | ou-ni-djé-ni-toum | « g » devant « e » se dit « dj » |
| saecula | sé-kou-la | le « c » reste dur devant « u » |
| consubstantialem | kon-soub-stan-tsi-a-lèm | « ti » + voyelle se dit « tsi » |
| incarnatus | inn-kar-na-touss | « in » ne se nasalise pas |
| Filioque | fi-li-o-kwé | « qu » se dit « kw » |
| exspecto | èks-pèk-to | le « x » se dit « ks » |
À la messe chantée, le prêtre entonne seul « Credo in unum Deum » et le chœur poursuit à « Patrem omnipotentem », sur l’une des mélodies du Kyriale.
Deux Symboles, deux histoires
| Date | Symbole | Événement |
|---|---|---|
| 325 | Nicée | Premier concile œcuménique, première profession de foi |
| 340 | Apôtres | Marcel d’Ancyre le cite en grec au pape Jules Ier |
| 381 | Nicée-Constantinople | Constantinople complète le texte sur l’Esprit-Saint |
| avant 410 | Apôtres | Rufin d’Aquilée en donne le premier texte latin |
| 1014 | Nicée-Constantinople | Benoît VIII fait entrer le Filioque dans le Credo de la messe |
| 2002 | Apôtres | Permis à la messe à la place de l’autre |
Le Credo à la messe, selon les deux missels
Dans le missel de 1970, le Symbole se dit le dimanche et aux solennités (Présentation générale du Missel romain, n. 68). Tous s’inclinent à « Et incarnatus est » et font la génuflexion à Noël et à l’Annonciation (n. 137).
La messe en latin de 1962 n’emploie que le Symbole de Nicée-Constantinople. Celui des Apôtres se dit ailleurs :
- à la vigile pascale et au baptême, sous forme de questions et de réponses ;
- au début du chapelet, où le Credo en latin ouvre la récitation ;
- dans l’Enchiridion des indulgences, qui en fait une source d’indulgence partielle.
Pour un PDF du Credo en latin, la commande Imprimer du navigateur suffit. Les indulgences sont expliquées sur la page indulgence plénière.
Questions fréquentes
- Quelle est la différence entre les deux Credo ?
Le Symbole des Apôtres, plus court, est l’ancien credo baptismal de Rome. Celui de Nicée-Constantinople, issu des conciles de 325 et 381, développe la divinité du Fils et celle de l’Esprit-Saint.
- Comment commence le Credo en latin ?
Le Symbole de Nicée commence par « Credo in unum Deum, Patrem omnipotentem ». Le Symbole des Apôtres s’ouvre sur « Credo in Deum Patrem omnipotentem, Creatorem caeli et terrae ».
- Que signifie « Filioque » ?
Le mot veut dire « et du Fils » : l’Esprit-Saint procède du Père et du Fils. Ajouté en Occident, il reste un point de désaccord avec les Églises orthodoxes.
- Pourquoi « consubstantiel » plutôt que « de même nature » ?
Le latin « consubstantialem » dit que le Fils partage la substance même du Père. La traduction française entrée en vigueur en 2021 a repris ce mot.
- Peut-on dire le Symbole des Apôtres à la messe ?
Oui, dans le missel de 1970 : depuis l’édition latine de 2002, il peut remplacer le Symbole de Nicée-Constantinople. Le missel de 1962 ne le prévoit pas à la messe.
Grégoire Lestrade. Grégoire Lestrade a servi la messe enfant avant de découvrir l’ancien missel à vingt ans. Laïc, passionné d’histoire liturgique, il tient ce blog depuis octobre 2026 : prières en latin, liturgie, communautés et histoire de la Tradition.