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Juin 2011, Rome refuse de parler d’échec dans le dialogue avec la Fraternité Saint-Pie X

Par Grégoire Lestrade · Événement de 20 juin 2011 · relu le 15 octobre 2026

Antiphonaire grégorien ouvert sur un lutrin de chêne, entre deux cierges, dans une abbatiale romane

Le 20 juin 2011, l’agence I.Media rapportait qu’à Rome, une source proche du dossier refusait de qualifier d’échec le dialogue doctrinal engagé avec la Fraternité Saint-Pie X. Les théologiens avaient fini leur travail, et une rencontre au sommet se préparait.

La dépêche d’I.Media du 20 juin 2011

Selon I.Media, les séances entre théologiens romains et experts de la Fraternité avaient pris fin. Plusieurs voix romaines parlaient d’échec. Une source autorisée estimait au contraire qu’il était trop tôt pour conclure dans un sens ou dans l’autre. La phase de débat était close, mais chaque partie devait encore en évaluer le résultat.

L’agence annonçait une réunion entre les responsables de la Fraternité et ceux de la Congrégation pour la doctrine de la foi, sans doute vers la mi-septembre. Les résultats devaient ensuite remonter à Benoît XVI. Les discussions avaient commencé le 26 octobre 2009, dans les locaux qui abritaient aussi la Commission Ecclesia Dei.

Un programme théologique très large

Dès l’origine, l’ordre du jour portait sur la Tradition, sur le missel de Paul VI et sur la lecture du concile Vatican II. Il incluait l’unité de l’Église, les principes de l’œcuménisme et le rapport du christianisme aux autres religions. La liberté religieuse, point de friction ancien, complétait la liste.

Les deux camps s’étaient engagés à garder le silence sur le contenu des séances. Ce silence, promis pour près de deux ans de travaux, explique le flou des informations publiées en juin 2011 : les commentateurs disposaient de quelques phrases officielles et de beaucoup de spéculations, que les lecteurs des blogs discutaient avec passion.

Des tensions sur la béatification et sur Assise

Le 18 juin 2011, lors d’ordinations au séminaire de Winona, aux États-Unis, Mgr Bernard Fellay a indiqué qu’il était convié à une rencontre avec le cardinal William Levada à la mi-septembre. Dans la même homélie, selon I.Media, il a tenu des propos sévères sur Rome, visant en particulier la Secrétairerie d’État.

La Fraternité avait critiqué la béatification de Jean-Paul II, le 1er mai 2011, ainsi que la rencontre interreligieuse d’Assise prévue par Benoît XVI en octobre 2011. Selon l’agence, ces prises de position avaient tendu les rapports. Le district allemand de la Fraternité évoquait pourtant, à la même époque, l’hypothèse d’un statut canonique.

Le préambule de septembre 2011 et l’offre de 2012

La rencontre annoncée a bien eu lieu. Le 14 septembre 2011, le cardinal Levada a remis à Mgr Fellay un préambule doctrinal, présenté par Rome comme la base d’une pleine réconciliation. Le 16 mars 2012, un communiqué du Saint-Siège a jugé que la réponse de la Fraternité ne suffisait pas à surmonter les difficultés doctrinales.

Le 13 juin 2012, le cardinal Levada a reçu de nouveau Mgr Fellay. Il lui a remis un projet de document qui proposait une prélature personnelle comme cadre canonique. Fin juin 2012, d’après le quotidien suisse Le Temps, Mgr Fellay a fait savoir qu’il ne pourrait pas signer ce texte. La voie ouverte en 2009 se refermait pour longtemps.

Grégoire Lestrade. Grégoire Lestrade a servi la messe enfant avant de découvrir l’ancien missel à vingt ans. Laïc, passionné d’histoire liturgique, il tient ce blog depuis octobre 2026 : prières en latin, liturgie, communautés et histoire de la Tradition.

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