Aller au contenu
Summorum PontificumLiturgie, latin et Tradition catholique

Accueil › Liturgie

Les complies, dernier office de la journée, et leurs textes latins

Par Grégoire Lestrade · Mis à jour le 15 octobre 2026

Antiphonaire grégorien ouvert sur un lutrin de chêne, entre deux cierges, dans une abbatiale romane

Les complies sont le dernier office de la journée, dit juste avant le coucher : examen de conscience, psaumes, cantique de Siméon et antienne à la Vierge. Leur nom vient du latin completorium, ce qui achève le jour.

Complies, définition et origine du mot

Le mot apparaît dans ce sens au début du VIe siècle, dans la règle de saint Benoît (chapitres 16 à 18 et 42). Benoît y demande que personne ne parle plus après complies, et fait précéder l’office d’une lecture spirituelle.

En Orient, saint Basile aurait organisé une prière semblable lors de sa retraite dans le Pont, entre 358 et 362, selon l’historien A. Vandepitte. Les deux traditions retiennent la même idée : confier la nuit à Dieu.

  • remettre à Dieu la journée écoulée, avec ses fautes ;
  • demander une nuit paisible, image d’une bonne mort, comme le dit la bénédiction des complies ;
  • confier le sommeil à la Vierge par l’antienne finale.

Le concile Vatican II a voulu un office ajusté à la fin de la journée (Sacrosanctum Concilium, n. 89) : les complies actuelles sont courtes et se prient facilement en famille.

Le déroulement des complies

Dans la liturgie des heures, les complies suivent sept étapes, que l’on peut prier seul ou à plusieurs.

  1. Introduction, puis examen de conscience ou acte pénitentiel.
  2. Hymne.
  3. Un ou deux psaumes avec leur antienne.
  4. Lecture brève et répons « In manus tuas ».
  5. Cantique de Siméon, le Nunc dimittis (Luc 2, 29-32).
  6. Oraison et bénédiction pour la nuit.
  7. Antienne à la Vierge Marie.

L’examen de conscience vient juste après l’introduction des complies ; il peut prendre la forme d’un acte pénitentiel. L’antienne mariale finale fait partie intégrante de l’office.

Pourquoi un examen de conscience le soir

Relire sa journée avant de dormir permet de la remettre à Dieu, fautes comprises. La tradition y voit une préparation au sommeil, que la nuit rend semblable à la mort ; d’où la demande d’une « fin parfaite ».

Textes latins des complies

Ces formules de la forme traditionnelle donnent le ton des complies : une demande de protection pour la nuit. Traduction de l’auteur.

Ad Completorium
Noctem quietam et finem perfectum concedat nobis Dominus omnipotens. Amen.Que le Seigneur tout-puissant nous accorde une nuit tranquille et une fin parfaite. Amen.
Fratres : Sobrii estote, et vigilate : quia adversarius vester diabolus tamquam leo rugiens circuit, quaerens quem devoret :Frères, soyez sobres et veillez, car votre adversaire, le diable, rôde comme un lion rugissant, cherchant qui dévorer :
cui resistite fortes in fide.résistez-lui, fermes dans la foi.
R. In manus tuas, Domine, commendo spiritum meum.R. Entre vos mains, Seigneur, je remets mon esprit.
Nunc dimittis servum tuum, Domine, secundum verbum tuum in pace.Maintenant, Seigneur, vous laissez aller votre serviteur en paix, selon votre parole.
Salva nos, Domine, vigilantes, custodi nos dormientes,Sauvez-nous, Seigneur, pendant la veille, gardez-nous pendant le sommeil,
ut vigilemus cum Christo, et requiescamus in pace.afin que nous veillions avec le Christ et reposions dans la paix.

La bénédiction « Noctem quietam » ouvre l’office, la lecture de saint Pierre (1 P 5, 8-9) la suit, et l’antienne « Salva nos » encadre le Nunc dimittis. Le répons « In manus tuas » reprend le psaume 30, que Jésus cite sur la croix chez Luc (23, 46).

Les complies de 1962 et celles d’aujourd’hui

Le bréviaire de 1962 et la liturgie des heures de 1971 gardent la même ossature des complies ; l’ordre des éléments et le nombre des psaumes changent.

ÉlémentBréviaire de 1962Liturgie des heures
Ouverture« Noctem quietam », lecture de 1 P 5, 8-9, Confiteor« Dieu, viens à mon aide », examen de conscience
Psaumestrois ; le dimanche 4, 90 et 133un ou deux ; le psaume 90 le dimanche
Hymne« Te lucis ante terminum », après les psaumesau début, après l’examen
Répons« In manus tuas »« In manus tuas »
CantiqueNunc dimittis, antienne « Salva nos »Nunc dimittis, même antienne
Finantienne mariale du tempsantienne mariale, au choix ou du temps

L’office de 1962 se dit en latin ; celui de la liturgie des heures existe aussi en français, dans « Prière du temps présent » et sur le site de l’AELF. L’heure qui le précède est présentée sur la page vêpres.

Psaumes des complies et antiennes mariales

Le psaume 90, « Qui habitat in adiutorio Altissimi », est le plus lié aux complies : il chante la protection de Dieu contre la terreur de la nuit.

  • Alma Redemptoris Mater et Ave Regina caelorum : Avent, temps de Noël et Carême.
  • Regina caeli : de Pâques à la Pentecôte.
  • Salve Regina : du samedi qui précède la Trinité jusqu’à l’Avent, la plus longue période.

Le texte de cette dernière, avec sa traduction, figure sur la page Salve Regina. Chez les dominicains, son chant après complies se fait en procession.

Prier les complies chez soi

  1. Choisir un livre : « Prière du temps présent », le site de l’AELF, ou un bréviaire de 1962 pour le latin.
  2. Prendre deux minutes pour relire sa journée, puis dire l’acte pénitentiel.
  3. Réciter le psaume du jour, la lecture brève et le répons, puis le Nunc dimittis.
  4. Finir par l’antienne à la Vierge et garder le silence jusqu’au matin, comme le demandait saint Benoît.
  5. Chanter, si possible, l’antienne finale : les mélodies simples du grégorien s’apprennent en quelques soirs.

En famille, les complies durent moins d’un quart d’heure ; les enfants retiennent vite le « Salva nos » et le Salve Regina chanté. Le silence qui suit, que les moines appellent le grand silence, dure jusqu’à l’office du matin.

Questions fréquentes

Que veut dire complies ?

Le mot vient du latin completorium, « ce qui achève ». C’est l’heure qui termine la journée de prière.

À quelle heure dit-on les complies ?

Juste avant le coucher, quelle que soit l’heure. Dans les monastères, l’office suit le repas du soir et précède le grand silence de la nuit.

Faut-il être prêtre pour dire les complies ?

Non. Tout fidèle peut prier cet office, seul ou en groupe, et sa forme courte s’apprend vite.

Pourquoi chante-t-on le Nunc dimittis le soir ?

Siméon y remercie Dieu de pouvoir partir en paix après avoir vu le Sauveur (Luc 2, 29-32). Ses mots conviennent à la nuit, image de la mort confiée à Dieu.

Quel psaume dit-on aux complies du dimanche ?

Le psaume 90, dans la liturgie des heures. Le bréviaire de 1962 y joint les psaumes 4 et 133.

Grégoire Lestrade. Grégoire Lestrade a servi la messe enfant avant de découvrir l’ancien missel à vingt ans. Laïc, passionné d’histoire liturgique, il tient ce blog depuis octobre 2026 : prières en latin, liturgie, communautés et histoire de la Tradition.

À lire aussi