Novembre 2009, des prêtres décrivent les discussions doctrinales menées à Rome
Par Grégoire Lestrade · Événement de 9 novembre 2009 · relu le 15 octobre 2026

Le 26 octobre 2009, le Saint-Siège et la Fraternité Saint-Pie X ont ouvert des discussions doctrinales. Deux semaines plus tard, une émission de Radio Courtoisie en livrait des détails pratiques, racontés par des prêtres de sensibilités différentes, dont un membre de la Fraternité.
L’ouverture des discussions au palais du Saint-Office
La première séance a eu lieu le lundi 26 octobre 2009, de 9 h 30 à 12 h 30, au palais du Saint-Office. Le Bureau de presse du Saint-Siège a ensuite précisé que les rencontres seraient bimestrielles, et non bimensuelles comme annoncé d’abord. Entre deux séances, les théologiens devaient travailler à distance.
Ce dialogue suivait la levée, en janvier 2009, de l’excommunication des quatre évêques sacrés en 1988 par Mgr Lefebvre. Dans une lettre aux évêques, Benoît XVI avait expliqué que la situation canonique de la Fraternité tenait d’abord à des raisons doctrinales. Les discussions portaient donc sur le fond.
Le récit de l’abbé Celier sur Radio Courtoisie
Le lundi 9 novembre 2009, Philippe Maxence, alors rédacteur en chef du journal L’Homme Nouveau, animait sur Radio Courtoisie le rendez-vous qu’il surnomme le « Club des hommes en noir ». Quatre prêtres l’entouraient : Claude Barthe, Guillaume de Tanoüarn, l’abbé Chanut, prêtre diocésain, et Grégoire Celier, membre de la Fraternité.
L’abbé Celier a décrit une commission de la Fraternité dont la composition pourrait évoluer selon les sujets. Une sous-commission l’appuyait, avec des spécialistes chargés de répondre aux questions des intervenants. On n’y parlait pas latin : une traduction simultanée était assurée, car des participants maîtrisaient mal le français et l’italien.
Deux anecdotes et un pronostic
Selon l’abbé Celier, la délégation de la Fraternité logeait à la Maison Sainte-Marthe, où résident les cardinaux pendant un conclave. Faute d’autels libres dans la maison, ses prêtres célébraient leur messe à la basilique Saint-Pierre. L’abbé Barthe a ajouté que les séances étaient filmées, et il supposait que Benoît XVI pouvait ainsi les suivre.
L’abbé Barthe estimait que ces échanges montraient que Vatican II n’était plus traité comme un dogme de foi, et il prévoyait que Rome et la Fraternité finiraient par s’accorder. Daniel Hamiche, seul laïc présent, a parlé du retour d’anglicans vers Rome, quelques jours après la constitution Anglicanorum coetibus du 4 novembre 2009.
Ce qu’il est advenu de ce dialogue
Les colloques se sont achevés en avril 2011. Le 14 septembre 2011, Rome a remis à la Fraternité un préambule doctrinal. La réponse reçue en janvier 2012 a été jugée insuffisante le 16 mars suivant. L’accord annoncé en 2009 par l’abbé Barthe ne s’est pas produit, ni sous Benoît XVI ni sous ses successeurs.
Le 1er juillet 2026, la Fraternité a fait sacrer quatre nouveaux évêques à Écône, malgré la demande du pape Léon XIV de renoncer à ce projet. Le 2 juillet, le dicastère pour la Doctrine de la foi a constaté l’excommunication des six évêques concernés. Dix-sept ans après les séances du Saint-Office, Rome constate de nouveau une rupture.
Grégoire Lestrade. Grégoire Lestrade a servi la messe enfant avant de découvrir l’ancien missel à vingt ans. Laïc, passionné d’histoire liturgique, il tient ce blog depuis octobre 2026 : prières en latin, liturgie, communautés et histoire de la Tradition.