26 mars 2011, une messe selon l’usage ancien au maître-autel de la cathédrale d’York
Par Grégoire Lestrade · Événement de 26 mars 2011 · relu le 15 octobre 2026

Le 26 mars 2011, environ 800 fidèles ont assisté à une messe chantée selon le missel de 1962 au maître-autel de York Minster, cathédrale de l’Église d’Angleterre. La Latin Mass Society y honorait sainte Margaret Clitherow, martyre de la ville au XVIe siècle.
Une messe pour la fête de sainte Margaret Clitherow
Margaret Clitherow, née en 1556, vivait à York. Épouse et mère, elle refusa de renoncer à la foi catholique sous Élisabeth Ire. Elle fut exécutée le Vendredi saint de 1586, écrasée sous un poids. Paul VI l’a canonisée en 1970 parmi les quarante martyrs d’Angleterre et du pays de Galles. Sa fête tombe le 26 mars.
La Latin Mass Society, qui la compte parmi ses saints patrons, a choisi sa fête pour un premier pèlerinage à York. La messe chantée a été célébrée par le père Stephen Maughan, prêtre du diocèse catholique de Middlesbrough, qui a aussi prêché. Les Rudgate Singers ont interprété la messe à cinq voix de William Byrd.
L’accueil du doyen et du chapitre anglicans
La cathédrale d’York est aux mains de l’Église d’Angleterre depuis la Réforme. La célébration a eu lieu avec l’accord du doyen, le très révérend Keith Jones, et de son chapitre. Le doyen et le chanoine précenteur, Peter Moger, ont pris place dans le chœur pendant toute la célébration.
Selon le diocèse de Middlesbrough, c’était la première messe latine chantée au maître-autel depuis le règne de Marie Tudor. Après la messe, environ 250 personnes ont suivi une procession jusqu’au sanctuaire de la sainte dans les Shambles, puis sur le pont de l’Ouse, lieu de son exécution, avant un salut à l’église des Martyrs anglais.
Des réactions contrastées chez les catholiques
L’annonce de la messe avait suscité des réactions opposées. Des lecteurs rappelaient que la cathédrale, bâtie pour le culte catholique, est tenue par le clergé anglican sans que l’Église catholique la réclame. D’autres jugeaient qu’une messe dans ce lieu aurait demandé au préalable une cérémonie de purification.
Le blog qui avait annoncé l’événement s’en tenait au fait, qu’il jugeait marquant au-delà des débats. Un commentateur voyait dans le geste du doyen une ouverture humaine, sans rien trancher sur le fond. L’épisode montrait la place prise par la liturgie ancienne dans le paysage religieux anglais, quatre ans après le motu proprio.
Le contexte anglais de 2009 à 2011
La messe de York s’inscrivait dans une période de rapprochement. Le 4 novembre 2009, Benoît XVI avait publié la constitution Anglicanorum coetibus pour accueillir des groupes d’anglicans dans l’Église catholique. Le 15 janvier 2011, l’ordinariat personnel de Notre-Dame de Walsingham était érigé pour l’Angleterre et le pays de Galles.
Le père Keith Newton, ancien évêque anglican ordonné prêtre catholique ce jour-là, en est devenu le premier ordinaire. Les organisateurs de 2011 espéraient faire de la messe de York un rendez-vous annuel. En 2021, le pèlerinage de la Latin Mass Society se tenait dans un oratoire de High Petergate, à York.
Grégoire Lestrade. Grégoire Lestrade a servi la messe enfant avant de découvrir l’ancien missel à vingt ans. Laïc, passionné d’histoire liturgique, il tient ce blog depuis octobre 2026 : prières en latin, liturgie, communautés et histoire de la Tradition.