Mai 2010, La Voix du Nord enquête dans une école catholique traditionnelle près de Lille
Par Grégoire Lestrade · Événement de mai 2010 · relu le 15 octobre 2026

Début mai 2010, un reporter de La Voix du Nord a passé une journée dans l’école Notre-Dame de Fatima, à La Chapelle-d’Armentières, non loin de Lille. Son récit tranchait avec l’image des écoles traditionnelles qu’une émission de télévision avait donnée quelques jours plus tôt.
Le contexte, une émission de France 2 en avril 2010
Le 27 avril 2010, France 2 diffusait un numéro du magazine Les Infiltrés consacré à un groupuscule d’extrême droite, Dies Irae. Le reportage, tourné en caméra cachée pendant cinq mois, montrait aussi les liens de ce groupe avec des milieux intégristes de Bordeaux, dont une école catholique hors contrat de la ville.
L’émission a eu un fort retentissement. Le maire de Bordeaux, Alain Juppé, a réclamé une enquête. En 2013, le producteur, la chaîne et le journaliste ont été mis en examen pour atteinte à l’intimité de la vie privée, à la suite d’une plainte. Les écoles catholiques traditionnelles se sont alors trouvées sous le regard des médias.
Une école hors contrat à La Chapelle-d’Armentières
L’école Notre-Dame de Fatima est un établissement hors contrat, qui se finance sans aide de l’État. Le répertoire Sirene enregistre l’association Cours Notre-Dame de Fatima depuis le 1er septembre 1989, à La Chapelle-d’Armentières, dans le Nord. L’école reçoit des enfants des petites classes jusqu’au collège.
En 2010, son directeur était l’abbé Marchadier, un prêtre en soutane qui célébrait la messe en latin. Les élèves priaient le chapelet avant le déjeuner et commençaient la journée à la chapelle. Le journaliste citait lui-même ces traits, qui suffisaient d’ordinaire, dans la presse, à nourrir les préjugés contre ce type d’école.
Ce que le journaliste a observé
Le reporter a donné la parole à des élèves et à d’anciens élèves. Une collégienne expliquait avoir quitté une autre école où l’on se moquait de ses vêtements. D’autres soulignaient l’ambiance de l’établissement et les progrès réalisés en français. Les noms des enfants, publiés en 2010, ne sont pas repris ici, par respect pour leur vie privée.
Une ancienne élève, devenue responsable des classes de collège, décrivait une pédagogie fondée sur la douceur. Elle évoquait les années d’analyse logique qui l’avaient préparée au collège de Marcq, puis à la Sorbonne, en lettres classiques puis en anglais. Le directeur assurait que les anciens élèves étaient bien accueillis ailleurs.
Ce que l’école est devenue
L’école a poursuivi son activité après 2010. En 2018, le site Breizh-info la présentait comme une école hors contrat d’une trentaine d’années, comptant quelques centaines d’enfants et encadrée par l’Institut du Christ-Roi Souverain Prêtre. Une mère de famille y vendait des santons peints à la main pour aider à la financer.
Le reportage de 2010 garde une valeur documentaire. Il montre qu’un quotidien régional pouvait observer une école traditionnelle sans s’en tenir au soupçon, au moment où l’actualité télévisée poussait dans l’autre sens. Le blog qui l’avait relayé en mai 2010 l’avait d’ailleurs salué comme un article honnête.
Grégoire Lestrade. Grégoire Lestrade a servi la messe enfant avant de découvrir l’ancien missel à vingt ans. Laïc, passionné d’histoire liturgique, il tient ce blog depuis octobre 2026 : prières en latin, liturgie, communautés et histoire de la Tradition.