Novembre 2009, les dérives de célébration dans les deux formes du rite romain
Par Grégoire Lestrade · Événement de novembre 2009 · relu le 15 octobre 2026

En novembre 2009, en pleine Année sacerdotale, un billet intitulé « Les saltimbanques des deux formes » était signalé jusque sur un forum italien. Son texte n’a pas été conservé. Son titre renvoie à une question durable : la manière de célébrer, quelle que soit la forme.
Un billet connu par son seul titre
Le billet de novembre 2009 n’est plus accessible et son contenu exact reste inconnu. Il a été signalé à l’époque sur un forum italien consacré à l’Année sacerdotale, L’anno sacerdotale nella Chiesa sparsa nel mondo. Son titre laisse deviner une critique des célébrations tournées au spectacle, dans une forme comme dans l’autre.
Le sujet n’avait rien de marginal. Deux ans plus tôt, Benoît XVI avait posé le cadre du débat en distinguant deux formes d’un même rite romain. Dès lors, la question de la dignité des célébrations ne pouvait plus être renvoyée à un seul camp : elle concernait le missel de Paul VI comme celui de 1962.
Ce que Benoît XVI écrivait aux évêques en 2007
Dans sa lettre aux évêques du 7 juillet 2007, jointe au motu proprio, Benoît XVI constatait que le missel de Paul VI avait souvent été compris comme une autorisation, voire une obligation, d’innover. Il en était résulté, écrivait-il, des déformations arbitraires, qui avaient blessé des fidèles attachés à la foi de l’Église.
Le pape y affirmait aussi que les deux formes pouvaient s’enrichir l’une l’autre. L’ancien missel devait accueillir de nouveaux saints et de nouvelles préfaces. La forme ordinaire, de son côté, devait mieux exprimer le sens du sacré. Il demandait aux évêques un bilan trois ans après l’entrée en vigueur du texte.
L’Année sacerdotale de 2009-2010
Le 16 juin 2009, Benoît XVI avait annoncé une Année sacerdotale pour le 150e anniversaire de la mort du curé d’Ars, saint Jean-Marie Vianney. Elle s’est ouverte le 19 juin 2009, en la solennité du Sacré-Cœur, et s’est close à la même fête en 2010. La Congrégation pour le clergé en coordonnait les initiatives.
Pendant cette année, les débats sur la manière de célébrer ont souvent croisé ceux sur l’identité du prêtre. Un titre comme celui de novembre 2009 pouvait donc trouver un écho hors de France, chez des catholiques italiens qui suivaient les mêmes questions sur la liturgie et sur le rôle du célébrant.
Enrichissement en 2020, restriction en 2021
Le vœu d’enrichissement mutuel a reçu une réponse tardive. Deux décrets de la Congrégation pour la doctrine de la foi, datés du 22 février 2020 et publiés le 25 mars, ont permis de fêter dans la forme extraordinaire les saints canonisés après 1960 et ont ajouté sept préfaces facultatives au missel de 1962.
Le 16 juillet 2021, le motu proprio Traditionis custodes a fait des livres de Paul VI et de Jean-Paul II l’unique expression de la loi de la prière du rite romain. L’idée de deux formes d’un même rite, qui structurait le débat de 2009, a cessé d’être le cadre juridique de l’Église latine.
Grégoire Lestrade. Grégoire Lestrade a servi la messe enfant avant de découvrir l’ancien missel à vingt ans. Laïc, passionné d’histoire liturgique, il tient ce blog depuis octobre 2026 : prières en latin, liturgie, communautés et histoire de la Tradition.