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Janvier 2010, à Thiberville, des paroissiens se mobilisent pour leur curé

Par Grégoire Lestrade · Événement de janvier 2010 · relu le 15 octobre 2026

Antiphonaire grégorien ouvert sur un lutrin de chêne, entre deux cierges, dans une abbatiale romane

Au début de 2010, le départ annoncé de l’abbé Francis Michel, curé de Thiberville, dans l’Eure, a provoqué une mobilisation rare de ses paroissiens, puis des incidents lors de la messe de l’Épiphanie. L’affaire a été suivie bien au-delà de la Normandie, jusqu’aux blogs catholiques américains.

Un curé de campagne qui célébrait aussi l’ancien missel

Thiberville est un bourg du diocèse d’Évreux, dans le département de l’Eure, en Normandie. Son curé, l’abbé Francis Michel, y exerçait depuis de longues années. Selon le blog américain du père John Zuhlsdorf, qui a relayé l’affaire le 5 janvier 2010, ce prêtre très apprécié célébrait aussi la messe selon la forme extraordinaire.

L’évêque d’Évreux, Mgr Christian Nourrichard, a décidé une nouvelle organisation du secteur, qui mettait fin à la charge de l’abbé Michel. L’annonce a suscité une forte réaction locale. Les fidèles se sont organisés pour soutenir leur curé. Le 5 janvier 2010, le blog Motu proprio en Isère allait jusqu’à présenter Thiberville comme un modèle.

La messe de l’Épiphanie 2010 et la lettre de l’évêque

La messe de l’Épiphanie, début janvier 2010, a donné lieu à des incidents. Des vidéos de la scène ont vite circulé sur internet, reprises par des blogs catholiques étrangers, notamment aux États-Unis. Le compte rendu américain évoquait des fidèles hostiles à la décision épiscopale, exprimant leur désaccord pendant la célébration.

Dans une lettre aux fidèles datée du 10 janvier 2010, Mgr Nourrichard a qualifié ces faits de graves. Il écrivait avoir été insulté dans sa fonction. Il ajoutait que la Parole de Dieu n’avait pas été respectée et que l’eucharistie n’avait pas pu être célébrée. Il estimait que ces événements avaient dépassé toutes les personnes présentes.

Une communauté rattachée à Notre-Dame de Charentonne

La même lettre exposait la décision de fond. L’ancien groupement interparoissial de Thiberville, qui comptait moins de 5 000 habitants, devenait une communauté locale de la paroisse Notre-Dame de Charentonne. L’évêque confiait cette communauté au père Jean Vivien, curé de cette paroisse, épaulé par deux autres prêtres et une équipe pastorale.

Mgr Nourrichard reconnaissait que ce changement bousculait des habitudes anciennes chez les habitants de Thiberville. Sur place, la réorganisation touchait un curé populaire et attaché aux deux formes du rite. La question liturgique s’est donc greffée sur une décision d’abord présentée comme pastorale et territoriale.

Un soutien encore actif en 2011

La mobilisation ne s’est pas arrêtée avec l’hiver 2010. Un blog de soutien à l’abbé Michel publiait toujours des articles en mars 2011. Le 10 mars 2011, il renvoyait vers un texte intitulé « Messe de saint Pie V ou messe de Paul VI ? », signe que le débat liturgique restait lié à l’affaire dans l’esprit de ses partisans.

En juin 2011, des lecteurs de sites traditionalistes citaient encore l’affaire de Thiberville parmi les difficultés d’application de Summorum Pontificum en France. L’épisode montrait la difficulté de concilier la réorganisation des paroisses rurales et l’attachement d’une partie des fidèles à un prêtre et à sa manière de célébrer.

Grégoire Lestrade. Grégoire Lestrade a servi la messe enfant avant de découvrir l’ancien missel à vingt ans. Laïc, passionné d’histoire liturgique, il tient ce blog depuis octobre 2026 : prières en latin, liturgie, communautés et histoire de la Tradition.

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