18 janvier 2010, deuxième séance du dialogue doctrinal entre Rome et Écône
Par Grégoire Lestrade · Événement de 18 janvier 2010 · relu le 15 octobre 2026

Le 18 janvier 2010, des théologiens mandatés par Benoît XVI et une délégation de la Fraternité Saint-Pie X se retrouvaient au Vatican pour leur deuxième séance de travail. Ce dialogue doctrinal, mené à huis clos, était suivi de près jusqu’en Pologne.
Une levée d’excommunications puis une commission rattachée
Le 21 janvier 2009, un décret signé par le cardinal Re, préfet de la Congrégation pour les évêques, a levé l’excommunication des quatre évêques sacrés en 1988 par Mgr Marcel Lefebvre. Mgr Bernard Fellay, supérieur général de la Fraternité Saint-Pie X, avait formulé cette demande par lettre le 15 décembre 2008.
Le 2 juillet 2009, le motu proprio Ecclesiae unitatem a placé la Commission pontificale Ecclesia Dei sous la Congrégation pour la doctrine de la foi. Le Saint-Siège justifiait ce choix par la nature doctrinale des questions encore ouvertes. Tant qu’elles restaient sans réponse, la Fraternité ne pouvait recevoir aucun statut canonique.
Le 18 janvier 2010, une séance sans communiqué
La première séance avait eu lieu le 26 octobre 2009 au siège de la Congrégation pour la doctrine de la foi. La deuxième s’y est tenue le 18 janvier 2010. À la différence d’octobre, aucun communiqué officiel n’a suivi. Les deux camps travaillaient à huis clos et avaient promis la discrétion sur le fond des échanges.
Un participant romain, cité par l’agence I.Media, a seulement indiqué que les délégations avaient commencé à creuser les thèmes inscrits à l’ordre du jour. La même agence annonçait la séance suivante pour la seconde moitié du mois de mars 2010. Le calendrier prévoyait ainsi des rencontres espacées de deux à trois mois.
Le programme annoncé par Mgr de Galarreta
Mgr Alfonso de Galarreta dirigeait la délégation de la Fraternité. Le 19 décembre 2009, dans un sermon prononcé au séminaire de La Reja, en Argentine, il avait dressé la liste des sujets : liberté religieuse, collégialité, œcuménisme et dialogue interreligieux. Il y ajoutait l’ecclésiologie, puis la messe et la réforme liturgique.
Ce dialogue intéressait bien au-delà de la France et de la Suisse. Sur le forum catholique polonais krzyz.nazwa.pl, un fil intitulé « Rozmowy się zaczęły », soit « les discussions ont commencé », suivait les étapes romaines début 2010. Les fidèles polonais attachés à la liturgie ancienne lisaient donc les mêmes nouvelles que leurs voisins.
Huit séances, un préambule, puis la rupture de 2026
Selon un communiqué du Saint-Siège du 16 mars 2012, la commission mixte s’est réunie huit fois entre octobre 2009 et avril 2011. Le 14 septembre 2011, le cardinal William Levada a remis à Mgr Fellay un préambule doctrinal. En mars 2012, Rome a jugé la réponse de la Fraternité insuffisante pour lever les difficultés doctrinales.
Le 1er juillet 2026, la Fraternité a sacré quatre évêques à Écône sans mandat pontifical. Le lendemain, un décret du Dicastère pour la doctrine de la foi, signé par le cardinal Víctor Manuel Fernández, a constaté l’excommunication des six évêques en cause. Le dialogue ouvert en 2009 aboutissait ainsi à une nouvelle séparation.
Grégoire Lestrade. Grégoire Lestrade a servi la messe enfant avant de découvrir l’ancien missel à vingt ans. Laïc, passionné d’histoire liturgique, il tient ce blog depuis octobre 2026 : prières en latin, liturgie, communautés et histoire de la Tradition.