Les couleurs liturgiques, leur signification et leur calendrier
Par Grégoire Lestrade · Mis à jour le 15 octobre 2026

Les couleurs liturgiques du rite romain sont le blanc, le rouge, le vert, le violet, le rose et le noir, chacune liée à un temps ou à une fête. Leur sens et leur calendrier diffèrent peu entre les missels de 1970 et de 1962, sauf pour quelques jours.
Les couleurs liturgiques et leur signification
La Présentation générale du Missel romain explique que la variété des teintes rend visible le caractère du mystère célébré, au fil de l’année (n. 345).
| Couleur | Quand | Sens |
|---|---|---|
| Blanc | temps de Noël et de Pâques, fêtes du Seigneur hors Passion, Vierge Marie, anges, saints non martyrs | joie, lumière, gloire |
| Rouge | Rameaux, Vendredi saint, Pentecôte, apôtres, évangélistes, martyrs | sang versé, feu de l’Esprit |
| Vert | temps ordinaire | espérance, croissance |
| Violet | Avent, Carême, messes des défunts | pénitence, attente |
| Rose | 3e dimanche de l’Avent (Gaudete), 4e de Carême (Laetare) | joie au milieu de la pénitence, à mi-parcours |
| Noir | messes des défunts, là où c’est la coutume | deuil |
Ces significations relèvent de la tradition symbolique. Les livres fixent l’usage des couleurs liturgiques, pas leur interprétation, que les auteurs médiévaux ont beaucoup développée.
Les vêtements et objets concernés
- la chasuble et l’étole du prêtre, avec le manipule dans le rite de 1962 ;
- la dalmatique du diacre et la tunique du sous-diacre ;
- le voile de calice et la bourse ;
- l’antependium, tenture qui couvre le devant de l’autel, que le Code des rubriques de 1960 place sous la même règle.
Calendrier des couleurs liturgiques sur l’année
- Avent : violet, rose le dimanche de Gaudete.
- Noël jusqu’au Baptême du Seigneur : blanc, Épiphanie comprise.
- Temps ordinaire jusqu’au Carême : vert.
- Carême : violet, rose le dimanche de Laetare.
- Rameaux : rouge ; Jeudi saint au soir : blanc ; Vendredi saint : rouge.
- Vigile pascale et temps pascal : blanc, jusqu’à la Pentecôte, en rouge.
- Temps ordinaire jusqu’à l’Avent : vert, coupé par le blanc de la Toussaint (1er novembre) et du Christ Roi.
- 2 novembre : violet ou noir.
Le mercredi des Cendres ouvre le cycle violet du Carême, qui dure jusqu’à la messe du Jeudi saint au soir. Les fêtes des saints viennent ensuite rompre ce calendrier des couleurs liturgiques selon leur rang : blanc pour un confesseur, rouge pour un martyr.
Lire une couleur pendant la messe
Pour un fidèle, la couleur de la chasuble renseigne d’un coup d’œil sur le jour : temps de l’année, fête d’un saint ou messe pour un défunt.
- Du vert un dimanche : un dimanche du temps ordinaire, sans fête particulière.
- Du rouge en semaine : la fête d’un apôtre ou d’un martyr.
- Du blanc en Carême : une solennité, comme saint Joseph ou l’Annonciation.
Ce qui change entre les deux formes du rite
Le missel de 1962 suit le Code des rubriques de 1960, qui compte cinq couleurs habituelles et autorise le rose aux deux mêmes dimanches. Les écarts portent sur quelques jours et sur des temps que la réforme a supprimés ou raccourcis.
| Jour ou temps | Missel de 1962 | Missel de 1970 |
|---|---|---|
| Vendredi saint | noir, puis violet pour la communion | rouge |
| Messes des défunts | noir | violet, ou noir selon la coutume |
| Septuagésime (trois dimanches avant le Carême) | violet | temps supprimé, vert |
| Après l’Épiphanie | vert à partir du 14 janvier | vert après le Baptême du Seigneur |
| Semaine après la Pentecôte | rouge jusqu’au samedi (octave) | vert dès le lundi |
La messe tridentine garde donc le noir au Vendredi saint, alors que le missel de 1970 ne le prévoit plus qu’aux messes des défunts. Pour le reste de l’année, les couleurs liturgiques coïncident d’une forme à l’autre.
D’où viennent les couleurs liturgiques
Les premiers siècles n’emploient guère que le blanc et le rouge : le blanc pour les solennités, le rouge pour les jours de jeûne et les offices des morts, selon des témoins grecs. Le système des couleurs liturgiques se fixe à Rome entre le XIIe et le XIVe siècle, avant de s’imposer en Occident.
- Seconde moitié du XIe siècle : Yves de Chartres signale un bleu céleste porté par des évêques, usage resté marginal.
- Vers 1195 : le cardinal Lothaire de Segni, futur Innocent III, décrit l’usage romain dans un traité sur la messe, avec le blanc, le rouge, le noir et le vert.
- 1285-1286 : Guillaume Durand, dans son Rationale, ajoute le violet aux quatre couleurs principales.
- Milieu du XIVe siècle : l’ordo de Rome fixe cinq couleurs, blanc, rouge, vert, violet et noir.
- 1570 : le missel de Pie V étend l’usage romain à presque toute l’Église latine.
Or, bleu et autres couleurs d’exception
En dehors des six couleurs liturgiques usuelles, quelques teintes sont admises par privilège ou par coutume.
- Or : aux jours les plus solennels, des ornements festifs peuvent remplacer la couleur du jour (Présentation générale, n. 346).
- Bleu : un indult le permet en Espagne et dans des diocèses d’Amérique latine pour l’Immaculée Conception, et pour cette seule fête.
- Couleurs locales : les conférences des évêques peuvent adapter les couleurs aux mentalités des peuples (n. 346).
- Jaune : il pouvait jadis, par indult, remplacer toutes les couleurs sauf le noir dans des pays de mission.
Questions fréquentes
- Pourquoi le prêtre est-il en vert la plupart des dimanches ?
Le vert est la couleur du temps ordinaire, qui occupe la plus grande partie de l’année. Il évoque l’espérance et la croissance de l’Église.
- Quelle couleur pour un enterrement ?
Dans le missel de 1970, le violet ou, selon la coutume, le noir. Le missel de 1962 prescrit le noir.
- Que signifie le rose ?
Il adoucit le violet aux dimanches de Gaudete et de Laetare, à mi-parcours de l’Avent et du Carême. Il annonce la joie de Noël ou de Pâques.
- Le bleu est-il une couleur liturgique ?
Pas dans le rite romain général. Un indult le permet pour l’Immaculée Conception en Espagne et dans des diocèses d’Amérique latine ; ailleurs, il n’est pas prévu.
- Pourquoi le rouge le Vendredi saint ?
Le missel de 1970 y emploie la couleur de la Passion et du sang du Christ. Le missel de 1962 prescrit le noir, puis le violet pour la communion.
Grégoire Lestrade. Grégoire Lestrade a servi la messe enfant avant de découvrir l’ancien missel à vingt ans. Laïc, passionné d’histoire liturgique, il tient ce blog depuis octobre 2026 : prières en latin, liturgie, communautés et histoire de la Tradition.