Octobre 2010, au Paraguay, un prêtre célèbre sa première messe selon le missel de 1962
Par Grégoire Lestrade · Événement de 4 octobre 2010 · relu le 15 octobre 2026

Le 4 octobre 2010, au Paraguay, un prêtre ordonné la veille choisissait le missel de 1962 pour sa première messe solennelle. Le diocèse de Ciudad del Este s’était associé à la cérémonie au plus haut niveau, avec son vicaire général et le directeur de son séminaire à l’autel.
Une ordination le 3 octobre, une première messe le 4
Le dimanche 3 octobre 2010, Mgr Rogelio Livieres Plano, évêque de Ciudad del Este, a ordonné dix prêtres pour son diocèse. Parmi eux figurait le père Jorge Miguel Martínez. Dès le lendemain, lundi 4 octobre, le nouveau prêtre a chanté sa première messe en forme extraordinaire, avec diacre et sous-diacre, selon le missel de 1962.
Le site américain The New Liturgical Movement a rapporté l’événement le 15 octobre 2010, photos à l’appui. La messe traditionnelle était déjà célébrée au Paraguay. L’intérêt de cette célébration tenait ailleurs : un prêtre tout juste ordonné choisissait l’ancien rite pour inaugurer son ministère.
La Communauté missionnaire de Jésus, fondée en 2002
Le père Martínez n’était pas un jeune prêtre ordinaire. Il avait fondé en 2002 la Comunidad Misionera de Jesús, dont il restait le supérieur. Ce groupe réunissait des clercs et des laïcs. L’évêché de Ciudad del Este lui avait accordé le statut d’association publique de fidèles, selon le compte rendu publié aux États-Unis.
La communauté appliquait sans réticence le motu proprio Summorum Pontificum. Ce texte de Benoît XVI, entré en vigueur le 14 septembre 2007, permettait à tout prêtre de rite latin de célébrer sans peuple avec le missel de 1962. Pour une communauté encore jeune, l’usage de l’ancien missel faisait partie de l’identité revendiquée.
Un diocèse représenté au plus haut niveau
La composition de l’autel a frappé les observateurs. Le diacre de cette première messe dirigeait le séminaire diocésain. Le sous-diacre était le vicaire général du diocèse. Deux responsables de premier plan de l’Église locale servaient donc à l’autel un prêtre nouvellement ordonné, selon le missel de 1962.
Le motu proprio de 2007 prévoyait qu’un groupe stable de fidèles s’adresse d’abord à son curé, puis à l’évêque, et enfin à la Commission Ecclesia Dei en cas de refus. À Ciudad del Este, aucune démarche de ce genre n’avait été nécessaire. L’évêque ordonnait lui-même le prêtre, et ses proches collaborateurs servaient sa première messe.
Après 2014, un nouvel évêque et de nouvelles règles
Le 25 septembre 2014, le Saint-Siège a remplacé Mgr Livieres Plano, au terme d’une visite apostolique, pour de graves raisons pastorales selon le communiqué cité par le quotidien ABC Color. Le 15 novembre 2014, le pape François a nommé à Ciudad del Este le père Heinz Wilhelm Steckling, oblat de Marie-Immaculée.
Le 16 juillet 2021, Traditionis custodes a abrogé Summorum Pontificum. Il a confié à l’évêque diocésain une compétence exclusive pour autoriser la messe selon l’ancien rite. Pour un prêtre ordonné après sa publication, l’autorisation relève désormais du Saint-Siège. Les prêtres paraguayens attachés à l’ancien missel dépendent depuis de ce cadre.
Grégoire Lestrade. Grégoire Lestrade a servi la messe enfant avant de découvrir l’ancien missel à vingt ans. Laïc, passionné d’histoire liturgique, il tient ce blog depuis octobre 2026 : prières en latin, liturgie, communautés et histoire de la Tradition.