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Octobre 2011, les cadres de la Fraternité Saint-Pie X réunis en Italie autour du texte romain

Par Grégoire Lestrade · Événement de 7 octobre 2011 · relu le 15 octobre 2026

Antiphonaire grégorien ouvert sur un lutrin de chêne, entre deux cierges, dans une abbatiale romane

Au début d’octobre 2011, Mgr Bernard Fellay a réuni à huis clos les cadres de la Fraternité Saint-Pie X dans sa maison d’Albano, en Italie. Il s’agissait d’étudier le préambule doctrinal que Rome lui avait confié trois semaines plus tôt, et de préparer une réponse.

Le document remis par Rome en septembre 2011

Le 14 septembre 2011, au palais du Saint-Office, le cardinal William Levada, alors chargé de la doctrine de la foi à la Curie, avait confié à Mgr Fellay un préambule doctrinal. Rome posait son acceptation comme condition d’une réconciliation complète, après deux ans de colloques théologiques entre les deux parties.

Selon un communiqué romain de mars 2012, ce texte énonçait des principes doctrinaux et des critères d’interprétation, accompagnés d’une note préliminaire. Dans un entretien publié en octobre 2011, Mgr Fellay regrettait que le document ne sépare pas nettement le domaine dogmatique, intangible, du domaine pastoral, ouvert à la discussion.

Une réunion à huis clos à Albano

Le jour même de la rencontre romaine, Mgr Fellay avait annoncé à l’agence DICI qu’il consulterait les supérieurs de son œuvre. Un communiqué publié par DICI le 23 septembre 2011 a fixé le lieu : la maison d’Albano, siège de la Fraternité pour l’Italie. Les supérieurs s’y sont retrouvés deux jours, les 7 et 8 octobre.

Le 7 octobre est la fête de Notre-Dame du Rosaire, instituée en mémoire de la victoire de Lépante, un rapprochement relevé à l’époque. La réunion devait préparer la réponse de la Fraternité au document romain. Aucun calendrier public n’avait été fixé pour cette réponse, attendue à Rome dans les mois suivants.

La réponse de la Fraternité et le verdict de mars 2012

La réponse de la Fraternité est arrivée à Rome en janvier 2012. Elle a été examinée par la congrégation romaine chargée de la doctrine, puis soumise au pape. Le 16 mars 2012, le Saint-Siège a fait savoir que la position exprimée ne suffisait pas à surmonter les problèmes doctrinaux à l’origine de la fracture.

L’accord espéré en 2011 n’a pas abouti sous Benoît XVI. Le 11 juillet 2018, le chapitre général réuni à Écône, en Suisse, a élu l’abbé Davide Pagliarani supérieur général pour douze ans. Mgr Fellay, qui dirigeait la Fraternité depuis 1994, est alors devenu l’un de ses conseillers généraux.

La rupture constatée en juillet 2026

Le 1er juillet 2026, la Fraternité a fait sacrer à Écône quatre évêques sans mandat du pape : Pascal Schreiber, Michael Goldade, Michel Poinsinet de Sivry et Marc Hanappier. Le pape Léon XIV avait demandé à l’abbé Pagliarani de renoncer à ce projet, sans être suivi par la Fraternité.

Le 2 juillet 2026, un décret signé par le cardinal Victor Manuel Fernández a constaté l’excommunication des six évêques concernés, dont Mgr Alfonso de Galarreta et Mgr Fellay. Le texte qualifie les sacres d’acte schismatique. La Fraternité a annoncé un recours le 11 juillet. Quinze ans après Albano, le dialogue ouvert en 2009 est rompu.

Grégoire Lestrade. Grégoire Lestrade a servi la messe enfant avant de découvrir l’ancien missel à vingt ans. Laïc, passionné d’histoire liturgique, il tient ce blog depuis octobre 2026 : prières en latin, liturgie, communautés et histoire de la Tradition.

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