Aller au contenu
Summorum PontificumLiturgie, latin et Tradition catholique

Accueil › Archives 2009-2011

La position attribuée au cardinal Vingt-Trois sur le motu proprio en février 2010

Par Grégoire Lestrade · Événement de février 2010 · relu le 15 octobre 2026

Antiphonaire grégorien ouvert sur un lutrin de chêne, entre deux cierges, dans une abbatiale romane

En février 2010, un blog traditionaliste attribuait à l’archevêque de Paris une demande visant les fidèles qui réclamaient l’application de Summorum Pontificum. Retour sur cet épisode rapporté, sur ce que prévoyait le texte et sur le parcours du cardinal.

Une demande rapportée par un blog isérois

Le 8 février 2010, le blog Motu proprio en Isère publiait un article sur une demande qu’il attribuait au cardinal André Vingt-Trois, archevêque de Paris. Elle concernait, selon ce blog, les fidèles qui sollicitaient l’application du motu proprio Summorum Pontificum. Les traces conservées de l’article ne permettent pas d’en reconstituer le détail.

Aucune source officielle consultée ne confirme cette demande ni sa formulation. Le site du diocèse de Paris ne la mentionne pas. L’épisode reste donc une information rapportée à l’époque par un blog traditionaliste, sans confirmation. Il témoigne surtout du climat tendu qui entourait alors les demandes de messes selon l’ancien missel.

Ce que prévoyait Summorum Pontificum pour les fidèles

Le motu proprio de Benoît XVI, entré en vigueur le 14 septembre 2007, organisait la marche à suivre. Un groupe stable de fidèles attaché à la liturgie ancienne s’adressait d’abord à son curé, invité à accueillir la demande. Le curé pouvait aussi autoriser l’ancien rituel pour des mariages ou des funérailles.

En cas de refus, le groupe se tournait vers l’évêque diocésain, prié de lui donner satisfaction. Si l’évêque ne le pouvait pas, le dossier remontait à la Commission pontificale Ecclesia Dei, à Rome. Ce circuit plaçait le curé puis l’évêque en première ligne face aux groupes demandeurs, ce qui éclaire la vivacité des débats diocésains de l’époque.

Un archevêque qui avait célébré selon le missel de 1962

Le cardinal Vingt-Trois, archevêque de Paris depuis 2005 et créé cardinal en 2007, présidait la Conférence des évêques de France. Le 14 décembre 2008, troisième dimanche de l’Avent, il a célébré la messe selon le missel de 1962 à Saint-Germain-l’Auxerrois, l’église située face au Louvre, où cette messe était dite chaque dimanche.

Selon le site The New Liturgical Movement, c’était la première fois qu’un président de la Conférence des évêques de France célébrait publiquement selon l’ancien missel. À Paris, la paroisse Saint-Eugène-Sainte-Cécile proposait les deux formes depuis 1984. Le diocèse n’ignorait donc pas cette liturgie avant le texte de 2007.

Fin de mandat en 2017, décès en 2025

Le cardinal a remis au pape François sa renonciation à la charge d’archevêque de Paris le 7 novembre 2017. Il est mort à Paris le 18 juillet 2025, à 82 ans. Ses obsèques ont été célébrées le 23 juillet 2025 à Notre-Dame de Paris, et il a été inhumé dans le caveau des archevêques, sous le chœur de la cathédrale.

Le pape Léon XIV a salué sa mémoire dans un message rendu public après sa mort. Entre-temps, le motu proprio Traditionis custodes du 16 juillet 2021 avait abrogé Summorum Pontificum et confié aux seuls évêques l’autorisation de la messe ancienne. Le circuit de recours qui nourrissait les tensions de 2010 a disparu avec ce texte.

Grégoire Lestrade. Grégoire Lestrade a servi la messe enfant avant de découvrir l’ancien missel à vingt ans. Laïc, passionné d’histoire liturgique, il tient ce blog depuis octobre 2026 : prières en latin, liturgie, communautés et histoire de la Tradition.

À lire aussi