Rentrée 2011, la Fraternité Saint-Pierre prend la direction d’une école en Vendée
Par Grégoire Lestrade · Événement de septembre 2011 · relu le 15 octobre 2026

À la rentrée 2011, la Fraternité Saint-Pierre a pris la direction de l’Espérance, une école catholique sous contrat en Vendée. Son fondateur, Yann de Cacqueray, avait proposé qu’un prêtre lui succède. L’abbé Loddé est venu du Québec pour en prendre la tête, à la demande de ses supérieurs.
Une école fondée par un laïc
L’Espérance a été fondée par Yann de Cacqueray. L’établissement présentait un profil peu courant : il était sous contrat avec l’État, ne dépendait pas de l’enseignement diocésain et se déclarait d’inspiration catholique. Les professeurs étaient donc rémunérés par l’État, ce qui limitait les frais que l’école demandait aux familles.
L’école recevait les élèves du CP à la terminale. Les petites classes étaient mixtes, puis l’établissement n’accueillait plus que des garçons à partir de 12 ans. Une grande partie des élèves étaient internes du lundi au vendredi et rentraient chez eux le week-end. Le domaine s’étendait sur 8 hectares, avec bâtiments et terrains.
Pourquoi la Fraternité Saint-Pierre a accepté
La Fraternité assurait déjà l’aumônerie de l’école depuis une quinzaine d’années. Selon l’abbé Loddé, l’ancien directeur souhaitait depuis longtemps un engagement plus fort, que les supérieurs refusaient faute de prêtres. Au cours de l’hiver 2010-2011, il a proposé qu’un prêtre prenne lui-même la direction de l’école.
Les premiers contacts datent du 17 février 2011. L’abbé Vincent Ribeton, supérieur du district de France de 2006 à 2015, a pensé à l’abbé Loddé, qui avait déjà travaillé en milieu scolaire. Le supérieur général, l’abbé John Berg, aurait préféré le garder au Québec, selon le récit que l’intéressé en a fait sur le site de la Fraternité au Québec.
Le directeur et le contrat avec l’État
Sur le site québécois de la Fraternité, l’abbé Loddé exposait les avantages et les limites du contrat. L’école ne choisissait pas librement tous ses professeurs ni ses programmes. Les postes jugés décisifs, comme l’histoire, le français et la biologie, étaient confiés à des personnes de confiance, choisies avec soin.
Il décrivait son rôle comme celui d’un coordinateur : veiller au contenu de l’enseignement, soutenir les professeurs, entretenir les bâtiments et le terrain. Il disait vouloir former de futurs pères de famille et de futurs prêtres. Le blog qui relayait l’annonce se demandait si la Fraternité saurait tenir ensemble ces particularités.
Un terrain nouveau pour la Fraternité Saint-Pierre
La Fraternité Saint-Pierre a été fondée en 1988 par douze prêtres qui avaient quitté la Fraternité Saint-Pie X après les sacres de cette année-là. Ses prêtres sont formés pour les paroisses, rappelait l’abbé Loddé. Diriger une école représentait donc pour elle une mission inhabituelle, qui demandait d’autres savoir-faire.
Les sources publiques consultées ne disent pas qui dirige l’école aujourd’hui, ni si la Fraternité en a gardé la charge. La Fraternité, elle, a continué de se développer. L’abbé John Berg a été supérieur général de 2006 à 2018, puis de nouveau à partir du 9 juillet 2024, après le mandat de six ans de l’abbé Andrzej Komorowski.
Grégoire Lestrade. Grégoire Lestrade a servi la messe enfant avant de découvrir l’ancien missel à vingt ans. Laïc, passionné d’histoire liturgique, il tient ce blog depuis octobre 2026 : prières en latin, liturgie, communautés et histoire de la Tradition.