Septembre 2010 à Lille, un prêtre de la Fraternité Saint-Pierre face au Comité de la jupe
Par Grégoire Lestrade · Événement de 23 septembre 2010 · relu le 15 octobre 2026

Du 23 au 25 septembre 2010, l’hebdomadaire La Vie organisait à Lille les premiers États généraux du christianisme. L’abbé Vincent Ribeton, supérieur en France de la Fraternité Saint-Pierre, y était invité à débattre avec Christine Pedotti, l’une des fondatrices du Comité de la jupe.
Les premiers États généraux du christianisme
La Vie a lancé ces rencontres en 2010 pour réunir des courants de l’Église qui se croisent peu. La première édition s’est tenue à Lille, du 23 au 25 septembre. Le bulletin du diocèse de Paris y a compté une trentaine de débats, plus de cent intervenants et près de trois mille participants pour ce premier essai.
Le rendez-vous est devenu annuel, et la quatrième édition s’est tenue à Lyon en octobre 2013. En 2010, un blog traditionnel notait qu’aucun journaliste de Famille chrétienne, de France catholique, de L’Homme Nouveau, de La Nef ou de Monde et Vie ne semblait figurer parmi les invités de ces trois jours à Lille.
Un débat sur la direction à donner à l’Église
L’abbé Ribeton devait intervenir dans un débat sur le sens des changements à mener dans l’Église. La formule posait la question de la réforme sans en fixer l’orientation. Elle permettait de confronter un prêtre attaché à la liturgie ancienne et une militante engagée pour une autre répartition des responsabilités.
Face à lui, Christine Pedotti représentait un autre versant du catholicisme français. Avec Anne Soupa, elle avait fondé en 2009 le Comité de la jupe, une association qui milite pour l’égalité entre femmes et hommes dans la gouvernance de l’Église. Elle a ensuite dirigé l’hebdomadaire Témoignage chrétien.
L’origine du Comité de la jupe
Le comité est né d’une phrase du cardinal André Vingt-Trois sur RCF, en novembre 2008, à propos de la formation des femmes. Christine Pedotti et Anne Soupa avaient saisi l’officialité de Paris. Le cardinal ayant nuancé ses propos, la plainte a été retirée, puis le comité a été créé en juin 2009 sous la forme d’une association.
En octobre 2009, le comité a appelé à un rassemblement à Paris, d’où est issue la Conférence catholique des baptisé-e-s de France. En mai 2020, Anne Soupa s’est portée candidate symbolique à l’archevêché de Lyon. Le débat lillois de 2010 opposait donc deux visions bien précises de l’avenir de l’Église.
Le parcours de l’abbé Ribeton
Né en 1968 au Pays basque, l’abbé Vincent Ribeton a été formé au séminaire de la Fraternité Saint-Pierre à Wigratzbad, en Allemagne. Titulaire d’un master d’histoire du droit, il a publié un ouvrage sur le célibat des clercs dans l’Église latine. Il a été supérieur du district de France de 2006 à 2015.
Il dirige aujourd’hui le séminaire international Saint-Pierre de Wigratzbad, selon les notices disponibles. Sa présence à Lille en 2010 montrait qu’un institut issu de la commission Ecclesia Dei pouvait être invité dans un forum catholique ouvert à tous les courants, trois ans après Summorum Pontificum.
Grégoire Lestrade. Grégoire Lestrade a servi la messe enfant avant de découvrir l’ancien missel à vingt ans. Laïc, passionné d’histoire liturgique, il tient ce blog depuis octobre 2026 : prières en latin, liturgie, communautés et histoire de la Tradition.