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Janvier 2011, l’évêque de Cahors écarte la vente de la Visitation de Saint-Céré

Par Grégoire Lestrade · Événement de 19 janvier 2011 · relu le 15 octobre 2026

Antiphonaire grégorien ouvert sur un lutrin de chêne, entre deux cierges, dans une abbatiale romane

En janvier 2011, la revue Golias a rendu publique la réponse négative de l’évêque de Cahors, Mgr Norbert Turini, à un projet de l’Institut du Bon-Pasteur. L’institut voulait acheter la Visitation, à Saint-Céré, dans le Lot, pour y installer le séminaire où il forme ses futurs prêtres.

Le projet de l’Institut du Bon-Pasteur dans le Lot

L’Institut du Bon-Pasteur a été fondé à Rome le 8 septembre 2006, par un décret du cardinal Castrillón Hoyos, alors à la tête de la commission Ecclesia Dei. Son premier supérieur général était l’abbé Philippe Laguérie. Sa maison mère est l’église Saint-Éloi de Bordeaux, et son séminaire avait ouvert à la rentrée 2006.

Fin 2010, l’institut s’est porté acquéreur de la Visitation de Saint-Céré, dans le Lot, pour y loger ce séminaire. Le bâtiment dépendait du diocèse de Cahors. L’installation d’une maison de formation supposait aussi, en droit canonique, l’accord de l’évêque du lieu, ce que la réponse du diocèse a pris soin de rappeler.

La réponse publiée par Golias le 19 janvier 2011

Le 19 janvier 2011, la revue Golias, de sensibilité catholique progressiste, a mis en ligne un document du presbyterium de Cahors. Il indiquait que l’évêque refusait la vente et ne souhaitait pas l’implantation d’un tel séminaire. Le texte invoquait la volonté d’éviter des tensions dans une petite ville et dans le diocèse.

Golias présentait ce refus comme un succès. La revue s’adressait directement à l’abbé Laguérie et laissait entendre qu’il découvrirait la réponse officielle sur son site. Pour les blogs proches de l’institut, cette publication posait une question de méthode : un document interne semblait avoir circulé avant d’atteindre son destinataire.

Une lecture polémique à replacer dans son contexte

Le titre d’un billet de l’époque demandait si l’évêque avait cédé aux pressions de la revue. Rien ne permet de l’affirmer. Le refus pouvait relever d’un choix pastoral propre : un évêque n’est pas tenu d’accueillir dans son diocèse le séminaire d’un institut extérieur, et le motu proprio de 2007 ne traitait pas de ce point.

Les commentaires publiés sous ces billets allaient plus loin, avec des mots très durs contre la revue et contre l’entourage de l’évêque. Ils ne se reprennent pas ici. Ils traduisaient surtout la tension de ces années entre les instituts Ecclesia Dei et une partie des diocèses français, autour des lieux, des églises et des séminaires.

Ce que sont devenus l’évêque et l’institut

Mgr Norbert Turini, évêque de Cahors depuis 2004, a été nommé évêque de Perpignan-Elne le 18 octobre 2014. Le 9 juillet 2022, le pape François l’a nommé archevêque de Montpellier, où il a succédé à Mgr Pierre-Marie Carré. Il a été installé le 23 octobre 2022 en la cathédrale Saint-Pierre de Montpellier.

L’Institut du Bon-Pasteur a poursuivi sa route sans Saint-Céré. Selon son site, son séminaire Saint-Vincent-de-Paul reçoit aujourd’hui plus de trente séminaristes, venus de nombreux pays. L’abbé Laguérie a été réélu supérieur général en 2013, puis un successeur a été élu à ce poste le 28 août 2019.

Grégoire Lestrade. Grégoire Lestrade a servi la messe enfant avant de découvrir l’ancien missel à vingt ans. Laïc, passionné d’histoire liturgique, il tient ce blog depuis octobre 2026 : prières en latin, liturgie, communautés et histoire de la Tradition.

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